A la frontière entre l’état d’Amazonas et celui du Para en Amazonie, là même où convergent les vallées des fleuves Marau et Andira, vit un peuple chargé d’histoire : la tribu des Indiens Sateré Mawé. Lors du recensement de 2007, ils étaient précisément 10 017 disséminés sur 780 000 hectares de terres vierges.

C’est en 1669 qu’est faite la première référence écrite au clan des Mawé par le missionnaire Joao Felipe Betendorf.

A cette époque, le missionnaire explique que les Indiens ont dans leur bois un petit fruit appelé Warana « qu’ils estiment autant que l’homme blanc estime son or »

On comprend déjà l’importance de cette plante aux mille vertus pour ceux qui se proclament « os filhos do Warana » (les fils du Warana). Cette liane, qui s’accroche à un arbre à l’état sauvage, donne des grappes très serrées de petits fruits de couleur rouge vif dont le cœur est un noyau noir et blanc ; certaines souches de ces arbres sont choisies de manière rituelle et sont replantées en bio- diversification.

Chaque année, du mois de novembre au mois de février, les Indiens cueillent ce Warana (Guarana des terres d’origine). Dès lors, c’est tout un rite qui se met en place.

Suivant les traditions ancestrales, la graine est séparée du fruit à la main. Pendant 6 jours et 6 nuits, les graines sont cuisinées de manière traditionnelle, dans des fours en argile, respectant ainsi une température basse permettant de respecter minéraux et vitamines contenus dans ces graines ; puis elles seront séchées lentement dans des sacs de jute naturel, au dessus des braises d’un bois aromatique, le Muruci, lui conférant une saveur d’exception. Enfin, les graines seront concassées et les Indiens Sateré-Mawé confectionneront un bâton qui sera ensuite râpé avec une pierre ou une langue de poisson, dans la calebasse formant une poudre, additionnée d’eau pour l’obtention de la boisson traditionnelle du çapo.

Ce rite de la consommation du Warana, le çapo (ou sapo), est un instant de partage au cours duquel il règne une ambiance particulière : c’est le moment durant lequel « les mauvaises langues se taisent ». D’après les Indiens Sateré Mawé, le Warana favorise l’expression (la bonne parole), permet de créer de nouvelles solutions et de prendre les bonnes décisions, toujours positives.

Dans nos sociétés, nous attribuons au Warana des vertus d’augmentation de la vigilance, la concentration… Si le rite du çapo est méconnu en Europe, bon nombre d’occidentaux sont attachés au Warana, guarana en langue Sateré Mawé, pour ses qualités, pour le dynamisme physique et intellectuel qu’il apporte.

Inspiration du site jeconsommeequitable.fr

Photos © Guayapi