Dans les années 1980, les Satéré-Mawé doivent faire face à des menaces pressantes. Ils sont inquiétés par des projets de route transamazonienne, par des plantations organisées par des multinationales, ils sont spoliés par des défrichages massifs.

En 1987, ils décident donc de créer le Conseil général de la tribu Satéré-Mawé (CGTSM), afin de représenter et d’organiser le peuple. A la même période, la barrière de l’Andira, proche desterres d’origine du Guarana, attise la convoitise des multinationales. Notamment l’un des géants de la boisson souhaite même intensifier la production du fruit en plantant du Warana cloné !

Inquiets de la contamination de leur propre culture par ces plants clonés, solidaires des producteurs de Guarana voisins, et profondément déterminés à s’autogérer, les Indiens Satéré-Mawé organisent donc une résistance sans faille.

Tribu des indiens Satéré-Mawé en Amazonie - Logo

C’est dans ce contexte que voit le jour un projet d’envergure pour ce peuple : le projet « Warana« , porté et promu par le président élu du CGTSM en partenariat avec la société Guayapi. Il s’agit d’un projet d’ethno-développement, dont les objectifs sont l’autonomie politique et économique du peuple et la défense de la biodiversité dans le territoire. Là encore, le parcours de ces Indiens est semé d’embûches. Ainsi, les organisations indiennes d‘Amazonie, très souvent dépendantes et subordonnées aux systèmes de gouvernance politique du Nord et du Nordeste, ne l’entendent pas de cette oreille : les principes de ces organisations reposent pour la plupart sur le clientélisme, le paternalisme et la corruption.

Mais la force des Satéré-Mawé réside dans l’exception de leur territoire et de leur culture : ils sont les seuls à pouvoir préserver ces terres d’origine.

Près de 20 ans après la mise en place du projet, les pressions se font de plus en plus rares et les structures liées au projet ne cessent de prouver leur efficacité. Aujourd’hui, le projet passe par une commercialisation du Warana selon les principes du commerce équitable avec deux partenaires commerciaux du Nord : Guayapi en France et Altro-Mercato en Italie.

Tribu des indiens Satere-Mawe en Amazonie

Le projet Warana est donc exemplaire en termes de commerce équitable notamment. Il bénéficie de nombreux soutiens, et la qualité de sa démarche lui vaut l’accès à une certification particulièrement exigeante : le projet Warana bénéficie du label Forest Garden Product (FGP). FGP est un organisme certificateur qui restaure les écosystèmes en mimant l’environnement d’origine, tout en respectant les populations locales.

Voici les conclusions de l’étude d’impact du projet Warana sur la tribu des Satéré-Mawé commandée par la plate-forme du commerce équitable :
• Valorisation du Warana (qualité du produit supérieure / prix supérieur) grâce à la collaboration avec l’entreprise distributrice européenne Guayapi
• Augmentation de la population de la tribu : 6000 individus en 1995, 11 000 aujourd’hui
• Augmentation de la part des revenus issue du commerce équitable par rapport à la part issue des aides sociales dans les familles productrices : les indiens acquièrent progressivement leur autonomie afin de parvenir à l’autogestion ; Part issue du commerce équitable aujourd’hui est supérieure à 20%